Mon autoportrait photographique — guide de démarche
Arts plastiques · 3e — à rendre le lundi 9 novembre 2026
Consigne : « Faire son autoportrait PHOTOGRAPHIQUE en vous basant sur les pistes données sur le doc (cours). Expliquez vos choix et démarche. »
Le document du cours passe avant tout. Nous n'avons pas ce document : les pistes ci-dessous sont des pistes générales et fiables, à adapter. Avant de commencer, relis le document et note :
- les pistes proposées (ou imposées) par ton professeur ;
- le format attendu : tirage papier, fichier numérique, une seule photo ou une série ;
- la longueur du texte d'explication, et s'il doit être manuscrit ou tapé ;
- ce qui est autorisé : retouches, filtres, montage, texte dans l'image.
Si une piste du document ressemble à une piste ci-dessous, garde le vocabulaire du document.
0. Ce que le cours t'a déjà donné
| Séance | Idée à réutiliser dans ta photo et dans ton texte |
|---|---|
| 14 sept. — Du portrait à l'autoportrait, les portraits du Fayoum | Un portrait est fait par quelqu'un d'autre ; dans un autoportrait, tu es à la fois l'auteur et le modèle. Les portraits du Fayoum (Égypte romaine, du Ier au IIIe siècle) sont peints sur bois, souvent de trois quarts, avec une seule source de lumière, et placés sur la momie pour garder la présence du défunt. |
| 28 sept. — J'aime / je n'aime pas (Roland Barthes) | Dans Roland Barthes par Roland Barthes (1975), Barthes se raconte par ses goûts. On peut faire son autoportrait sans montrer son visage, avec ce qu'on aime et ce qu'on n'aime pas. |
| 12 oct. — vidéo France Culture De l'autoportrait au selfie | Le selfie est déjà une mise en scène (pose, filtres, déguisement). L'autoportrait artistique ajoute une intention et des choix réfléchis. |
1. Huit pistes, chacune avec un mode d'emploi au téléphone
Choisis une piste principale (deux au maximum, si tu les combines volontairement). Pour chaque piste : une idée, une référence, un mode d'emploi, l'effet recherché.
Piste 1 — Mes goûts en nature morte (à la manière de Barthes)
- Idée : une table où tu disposes 5 à 10 objets qui te représentent : ce que tu aimes… et, pourquoi pas, une deuxième photo avec ce que tu n'aimes pas (un diptyque).
- Référence : Roland Barthes, « J'aime, je n'aime pas », Roland Barthes par Roland Barthes, 1975.
- Au téléphone :
- Pose les objets sur un fond simple (drap, carton, parquet) près d'une fenêtre, en lumière naturelle, sans flash.
- Tiens le téléphone bien parallèle à la table, au-dessus (vue en plongée totale) ; active la grille dans les réglages de l'appareil photo pour rester droite.
- Recule plutôt que zoomer : le zoom numérique dégrade l'image.
- Fais au moins trois compositions : objets alignés, en cercle, en désordre. Compare.
- Effet : le spectateur devine qui tu es par indices, comme un inventaire.
Piste 2 — Mon ombre (à la manière de Lee Friedlander ou de Vivian Maier)
- Idée : ton ombre projetée sur un mur, sur le sol, sur un objet qui compte pour toi.
- Références : Lee Friedlander fait de son ombre un élément de ses scènes de rue ; Vivian Maier utilise l'ombre portée et la silhouette projetée.
- Au téléphone :
- Sors tôt le matin ou en fin d'après-midi : le soleil bas donne des ombres longues et nettes. À l'intérieur, une lampe de bureau dirigée vers un mur clair fonctionne aussi.
- Place-toi dos à la lumière ; ton ombre tombe devant toi.
- Touche l'écran sur l'ombre pour faire la mise au point, puis baisse l'exposition (le petit curseur de luminosité, souvent un soleil) pour des ombres plus profondes. Sur beaucoup de téléphones, un appui long verrouille la mise au point et l'exposition.
- Essaie de garder ou non le téléphone dans l'ombre : c'est un choix à expliquer.
- Effet : tu es présente sans être reconnaissable ; l'image joue sur l'absence et la trace.
Piste 3 — Mon reflet (à la manière de Vivian Maier)
- Idée : te photographier dans une vitrine, un miroir, une flaque, une cuillère, un écran éteint, une fenêtre la nuit.
- Référence : Vivian Maier, autoportraits dans les reflets, « l'image dans l'image ».
- Au téléphone :
- Mets-toi légèrement de biais par rapport au miroir ou à la vitre pour éviter les reflets gênants, sans flash (il éblouit dans le verre).
- Touche l'écran sur le reflet (et non sur la surface) pour que la mise au point se fasse sur toi.
- Le téléphone peut cacher une partie de ton visage : c'est une manière simple de protéger ton image.
- Joue avec le décor qui se superpose dans la vitrine : il raconte quelque chose de toi.
- Effet : une image double, un peu mystérieuse, entre toi et le monde autour.
Piste 4 — Un fragment de moi (gros plan)
- Idée : une partie de ton corps qui te raconte : tes mains qui dessinent, jouent d'un instrument, tiennent un objet ; tes chaussures ; tes cheveux ; un œil.
- Au téléphone :
- Approche-toi en gros plan, ou utilise l'objectif x2 ou le mode macro si ton téléphone en a un.
- Une lumière rasante (qui arrive de côté, par exemple d'une fenêtre) fait ressortir les textures : peau, tissu, papier.
- Utilise le retardateur (3 ou 10 secondes) et pose le téléphone contre des livres pour avoir les deux mains libres.
- Le reste du corps est hors-champ : demande-toi ce que le spectateur imagine.
- Effet : une identité par le geste et le détail ; une intimité sans le visage.
Piste 5 — Silhouette en contre-jour
- Idée : ton profil ou ta silhouette entière en noir devant une fenêtre ou un ciel clair.
- Au téléphone :
- Place-toi entre la fenêtre et le téléphone ; le téléphone regarde vers la lumière.
- Touche l'écran sur la partie lumineuse (le ciel, la fenêtre) et baisse l'exposition jusqu'à ce que tu deviennes une silhouette sombre.
- Cherche une pose lisible : un profil, un geste, un objet que tu tiens (casque, livre, instrument…).
- Le noir et blanc peut renforcer le contraste ; garde quand même l'original en couleur.
- Effet : une forme, une attitude, plutôt qu'un portrait ressemblant.
Piste 6 — Flou, mouvement, identité qui bouge
- Idée : te montrer floue, en mouvement, derrière un rideau, une vitre embuée, un voilage.
- Au téléphone :
- Fais la mise au point sur un objet net au premier plan ; toi, derrière, restes floue (le mode « portrait » peut aussi flouter l'arrière-plan).
- Dans une pièce peu éclairée, bouge pendant la prise de vue : la photo garde une trace du mouvement. Certains téléphones proposent une pose longue (par exemple à partir d'une photo animée) : utilise-la si elle existe.
- Fais beaucoup d'essais : le hasard fait partie de la démarche, et il se raconte.
- Effet : une identité en train de se faire, insaisissable — à relier à l'adolescence, au changement.
Piste 7 — Mise en scène, déguisement, personnage (à la manière de Bayard, Cahun, Sherman)
- Idée : te transformer en personnage : une scène qui ressemble à l'image d'un film, une tenue, un accessoire, un décor ; ou plusieurs versions de toi.
- Références : Hippolyte Bayard, Autoportrait en noyé (1840), une fiction photographique ; Claude Cahun, qui multiplie les apparences, les miroirs et les doubles ; Cindy Sherman, Untitled Film Stills (1977–1980), où elle se déguise en héroïnes de films imaginaires.
- Au téléphone :
- Écris d'abord en une phrase l'histoire de ta scène (« une détective qui attend sous la pluie », « une musicienne la veille d'un concert »…).
- Prépare le décor et la lumière (une seule lampe donne une ambiance de cinéma).
- Pose le téléphone (livres, trépied) et utilise le retardateur ; fais des séries de 10 photos en changeant légèrement de pose.
- Pour une série d'identités multiples : même cadrage, même lumière, seule ta tenue change ; présente 3 ou 4 photos côte à côte.
- Effet : se déguiser, c'est encore parler de soi : de ses rêves, de ses rôles, de ce que les autres projettent sur nous.
Piste 8 — Le lieu qui me raconte (hors-champ et traces)
- Idée : photographier ton espace (bureau, coin de chambre, sac ouvert, trousse, carnet de dessin) comme si tu venais de le quitter.
- Au téléphone :
- Plan large pour situer, puis un ou deux plans rapprochés sur des indices.
- Lumière naturelle ; range ou dérange volontairement : chaque objet visible est un choix.
- Vérifie que rien de personnel ne se voit : nom, adresse, carnet de correspondance, écran allumé.
- Effet : le spectateur reconstruit ta présence à partir de ce qui reste, dans le hors-champ.
Clin d'œil possible au Fayoum : quelle que soit la piste, tu peux citer le cours en choisissant une lumière unique (une fenêtre, une lampe) et, si tu montres ton visage, une pose de trois quarts.
2. Check-list de prise de vue
Avant
- [ ] J'ai relu le document du cours et je sais quelle piste je suis.
- [ ] J'ai écrit mon intention en une phrase : « Je veux montrer que… ».
- [ ] Batterie chargée, espace libre sur le téléphone, objectif essuyé (un tissu doux suffit).
- [ ] Grille activée ; flash désactivé.
- [ ] J'ai préparé le décor, les accessoires, la lumière ; j'ai de quoi poser le téléphone (livres, trépied) et je sais utiliser le retardateur.
Pendant
- [ ] Je fais au moins 20 à 30 essais.
- [ ] Je varie : gros plan / plan large ; plongée / hauteur des yeux / contre-plongée ; lumière de face / de côté / contre-jour.
- [ ] Je touche l'écran pour choisir ce qui est net, et j'ajuste l'exposition.
- [ ] Je recule au lieu de zoomer.
- [ ] Je note au fur et à mesure ce que j'essaie et ce qui ne marche pas (utile pour le texte).
Après
- [ ] Je compare mes essais et je garde l'image la plus juste, pas forcément la plus jolie.
- [ ] Je garde l'original ; si je retouche (recadrage, noir et blanc, contraste), c'est un choix que j'explique.
- [ ] Je vérifie qu'aucune information personnelle n'apparaît.
- [ ] Je garde 2 ou 3 essais « ratés » : ils montrent ma démarche (si le document du cours le permet).
- [ ] Je respecte le format demandé (tirage, fichier, taille, nombre de photos).
3. Modèle pour l'explication écrite
Adapte la longueur et les rubriques à ce que demande le document du cours. Écris au passé composé pour la démarche et au présent pour les effets.
1. Intention — ce que j'ai voulu dire de moi
- « Dans cet autoportrait, j'ai voulu montrer que… »
- « Je n'ai pas voulu montrer mon visage, parce que… »
- « Mon idée de départ était de… »
2. Choix plastiques — comment je l'ai fait
- « J'ai choisi un cadrage en gros plan / en plan large pour… »
- « J'ai photographié en plongée / en contre-plongée / à hauteur des yeux afin de… »
- « La lumière vient de… (fenêtre, lampe, contre-jour) : elle est douce / dure. »
- « J'ai mis au point sur… et laissé flou… »
- « J'ai choisi la couleur / le noir et blanc parce que… »
- « J'ai mis en scène… (décor, pose, accessoires, déguisement) ; l'objet… représente… »
- « J'ai laissé hors-champ… pour que le spectateur imagine… »
3. Effets — ce que l'image produit sur le spectateur
- « Ce cadrage donne une impression de… »
- « Le spectateur ne voit pas…, il doit donc deviner… »
- « Le contraste entre… et… crée une ambiance… »
4. Références — avec qui je dialogue
- « Je me suis inspirée de… (Roland Barthes / Hippolyte Bayard / Vivian Maier / Lee Friedlander / Claude Cahun / Cindy Sherman / les portraits du Fayoum), qui… »
- « Comme…, j'ai utilisé… ; mais à la différence de…, j'ai… »
- Cite aussi la ou les pistes du document du cours, avec leurs mots.
5. Ce que j'ai appris — ma démarche
- « J'ai d'abord essayé…, mais… ; c'est pourquoi j'ai finalement choisi… »
- « J'ai fait environ … essais ; j'ai gardé celui-ci parce que… »
- « Ce travail m'a appris que l'on peut se représenter sans… »
- « Si je recommençais, je… »
Exemple court (fictif, pour montrer le ton — ne pas recopier)
Dans cet autoportrait, j'ai voulu montrer que la musique occupe une grande place dans ma vie, sans montrer mon visage. J'ai photographié mon ombre sur le mur de ma chambre, en fin d'après-midi, avec le manche de ma guitare qui dépasse dans le cadre. J'ai choisi une légère contre-plongée et j'ai baissé l'exposition pour que l'ombre soit très noire. Le spectateur ne voit qu'une silhouette, mais l'instrument lui donne un indice sur qui je suis. Je me suis inspirée des autoportraits en ombre de Lee Friedlander et de Vivian Maier, et de l'exercice « J'aime, je n'aime pas » de Roland Barthes. J'ai d'abord essayé en plein midi, mais l'ombre était trop courte ; j'ai donc recommencé plus tard. Ce travail m'a appris qu'un détail bien choisi peut en dire plus qu'un visage.
Vocabulaire à placer (si tu l'emploies, emploie-le juste)
cadrage · plan (gros plan, plan rapproché, plan large) · point de vue (plongée, contre-plongée, hauteur des yeux) · lumière (naturelle, artificielle, douce, dure, rasante, contre-jour) · net / flou · mise au point · couleur / noir et blanc · contraste · mise en scène · accessoire · reflet · ombre portée · silhouette · fragment · hors-champ · déguisement · identité · série · diptyque.
4. Protéger ton image
- Tu n'es pas obligée de montrer ton visage : ombre, reflet, fragment, flou, contre-jour ou objets sont de vraies pistes artistiques, utilisées par de grands photographes.
- Vérifie l'arrière-plan : pas de nom, d'adresse, de plaque de rue, de carnet de liaison, d'écran allumé.
- Si une autre personne apparaît, demande-lui son accord — ou mieux, reste seule dans l'image.
- Rendre ta photo à ton professeur ne veut pas dire la publier : ne la poste pas en ligne si tu n'en as pas envie.
5. Avant de rendre : auto-vérification
- [ ] Ma photo suit au moins une piste du document du cours.
- [ ] Je peux dire mon intention en une phrase.
- [ ] Mon texte contient : intention, choix plastiques, effets, au moins une référence, ce que j'ai appris.
- [ ] J'ai utilisé au moins quatre mots du vocabulaire, correctement.
- [ ] Le format et la date (lundi 9 novembre) sont respectés.