Commémoration du 11 novembre — fiche de préparation orale
À reformuler avec tes propres mots. Ce sont des notes pour t'aider à parler, pas un texte à lire mot à mot. Cérémonie en classe : mardi 10 novembre 2026, 10 h 10. Regarde d'abord la vidéo interactive, puis prépare ta partie.
Conseils pour l'oral : regarde la classe, parle lentement, montre la diapositive quand tu en parles, et respecte ton temps (chronomètre-toi deux fois à la maison).
Élève 1 — Introduction (30 s à 1 min)
Lire le texte du questionnaire, puis la loi de la diapositive 1 :
« Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé entre les Alliés, notamment la France, et l'Allemagne : c'est la fin de la 1re guerre mondiale, qui durait depuis 1914. […] » Loi du 24 octobre 1922 — Art. 1er : « La République française célèbre annuellement la commémoration de la victoire et de la paix. » Art. 2 : « Cette fête sera célébrée le 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice. Le 11 novembre sera jour férié. »
Repère utile : l'armistice est signé à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, dans le wagon du maréchal Foch ; les combats cessent à 11 heures.
Élève 2 — La Première Guerre mondiale (2 à 3 min)
Phrase d'introduction : « Je vais vous présenter les grandes étapes de la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918. »
- Les camps (carte, diapositive 2)
- Les Alliés (Triple-Entente) : France, Royaume-Uni, Russie, avec la Belgique et la Serbie ; puis le Japon, l'Italie (1915), la Roumanie (1916), les États-Unis (1917).
- Les Empires centraux : Allemagne, Autriche-Hongrie, puis Empire ottoman (fin 1914) et Bulgarie (1915).
- Quatre batailles sur des fronts différents
- Tannenberg (août 1914, front de l'Est) : l'Allemagne bat la Russie.
- La Marne (septembre 1914, front de l'Ouest) : Français et Britanniques arrêtent l'avancée allemande vers Paris.
- Les Dardanelles / Gallipoli (1915, front ottoman) : les Alliés échouent face à l'Empire ottoman.
- Verdun (février–décembre 1916, front de l'Ouest) : Français contre Allemands, environ 300 000 morts au total.
- (Autres possibles : la Somme, 1916, Britanniques et Français contre Allemands ; Caporetto, 1917, Italiens contre Austro-Allemands.)
- 1917, année tournant : entrée en guerre des États-Unis (avril 1917) ; révolutions russes (février et octobre 1917) → la Russie quitte la guerre (armistice fin 1917, traité de Brest-Litovsk en mars 1918).
- Vainqueurs : France, Royaume-Uni, États-Unis, Italie, Belgique, Serbie… Vaincus : Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman, Bulgarie.
- Traité de Versailles (28 juin 1919) : traité de paix imposé à l'Allemagne par les vainqueurs. Elle est jugée responsable de la guerre, rend l'Alsace-Moselle à la France, perd ses colonies, doit payer des réparations, réduire son armée à 100 000 hommes et démilitariser la Rhénanie.
Élève 3 — Bilan humain et « Morts pour la France » (2 à 3 min)
Phrase d'introduction : « Je vais vous parler du terrible bilan humain de la guerre, en m'appuyant sur les photographies de la diapositive 3. »
- Morts : environ 10 millions de soldats dans le monde (et plusieurs millions de civils) ; en France, environ 1,4 million de soldats.
- Blessés : plus de 20 millions dans le monde, environ 4,2 millions en France. Types de blessures : membres amputés, soldats gazés, défigurés (les gueules cassées, environ 15 000 en France), traumatismes psychologiques (« obusite »).
- Diapositive 3 : Elisa Démésy, veuve de guerre, et ses deux enfants (dont Jules, conçu pendant une permission, tué en 1940) → la guerre touche aussi les familles : veuves, orphelins (les « pupilles de la Nation »).
- « Mort pour la France » : mention créée par la loi du 2 juillet 1915. Elle est inscrite sur l'acte de décès des soldats (et de certains civils) morts à cause de la guerre. Elle honore leur sacrifice et donne des droits : nom inscrit sur le monument aux morts, sépulture dans une nécropole nationale, aide aux orphelins.
- Rôle des femmes : elles remplacent les hommes aux champs, dans les commerces, les transports et les usines d'armement (les munitionnettes) ; elles sont infirmières, marraines de guerre.
- Une femme « morte pour la France » : Victorine Deconche (épouse Pauze), née en 1882 à Celles-sur-Durolle (Puy-de-Dôme). Infirmière militaire stagiaire, elle meurt de la grippe espagnole le 11 octobre 1918 à l'hôpital militaire Chaptal, à Paris, alors qu'elle était en service. Elle repose au cimetière militaire de Pantin.
Élève 4 — Les commémorations du 11 novembre (2 à 3 min)
Phrase d'introduction : « Je vais vous expliquer comment, depuis plus d'un siècle, la France commémore le 11 novembre. »
- Depuis quand ? Les premières cérémonies ont lieu dès 1919–1920 ; la loi du 24 octobre 1922 fait du 11 novembre une fête nationale et un jour férié.
- Déroulement dans chaque commune, devant le monument aux morts : rassemblement des élus, anciens combattants, porte-drapeaux, militaires, habitants et élèves ; lecture du message officiel ; dépôt de gerbes ; appel des morts (on lit chaque nom, l'assemblée répond « Mort pour la France ») ; sonnerie aux morts ; minute de silence ; Marseillaise.
- Le soldat inconnu (diapositive 4) : le 10 novembre 1920, à la citadelle de Verdun, le soldat Auguste Thin choisit l'un des huit cercueils de soldats non identifiés. Le cercueil arrive à Paris le 11 novembre 1920 et est inhumé sous l'Arc de Triomphe le 28 janvier 1921. Il symbolise tous les soldats morts, surtout ceux qu'on n'a jamais identifiés.
- La flamme : allumée le 11 novembre 1923, elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des associations d'anciens combattants. Elle symbolise le souvenir qui ne s'éteint jamais.
- Le 11 novembre est-il férié partout ? Non. Il l'est en France et en Belgique (et aux États-Unis, sous le nom de Veterans Day). Au Royaume-Uni, on commémore le Remembrance Day avec deux minutes de silence à 11 h et le coquelicot, mais ce n'est pas un jour férié. En Allemagne, pays vaincu, ce n'est pas un jour de fête ; on honore les morts lors du Volkstrauertag, un dimanche de novembre. En Pologne, le 11 novembre est férié mais pour une autre raison : la fête de l'Indépendance (1918).
Élève 5 — Les monuments aux morts et le cas de l'Alsace (2 à 3 min)
Phrase d'introduction : « Je vais vous présenter les monuments aux morts, présents dans presque toutes les communes de France. »
- Définition : un monument élevé pour honorer les habitants d'une commune morts à la guerre ; leurs noms y sont gravés.
- Depuis quand ? Surtout après 1918 : environ 35 000 monuments sont construits, la plupart entre 1920 et 1925, avec l'aide de l'État (loi du 25 octobre 1919).
- Types (diapositive 5) :
- patriotique (Clugnat, Creuse) : poilu victorieux, coq gaulois, drapeau, « Gloire à nos héros » ;
- pacifiste (Équeurdreville, Manche) : une veuve et des orphelins, l'inscription « Que maudite soit la guerre » ; ces monuments sont rares ;
- religieux (Saint-Vougay, Finistère) : croix, Vierge, Christ ; souvent dans les régions très catholiques ;
- funéraire : une simple stèle ou un obélisque, l'accent est mis sur le deuil.
- Strasbourg (diapositive 6, place de la République) : de 1871 à 1918, l'Alsace et la Moselle sont allemandes. La plupart des Alsaciens ont donc combattu dans l'armée allemande ; certains ont rejoint l'armée française. Inauguré en 1936, œuvre du sculpteur Léon-Ernest Drivier, le monument montre une mère (la ville de Strasbourg) tenant sur ses genoux ses deux fils mourants, l'un ayant combattu pour la France, l'autre pour l'Allemagne ; ils se tiennent la main. L'inscription « À nos morts » ne célèbre aucune victoire : le monument exprime le deuil partagé et le déchirement de l'Alsace.
Élève 6 — Hommage à tous les morts pour la France (environ 2 min)
Phrase d'introduction : « Depuis 2012, le 11 novembre ne rend plus seulement hommage aux soldats de 14-18. »
- Loi du 28 février 2012 (diapositive 7) : le 11 novembre, il est rendu hommage à tous les morts pour la France. Ce qui change par rapport à 1922 : en 1922, on célébrait la victoire et la paix de 1918 ; depuis 2012, on honore tous les morts pour la France, de toutes les guerres et opérations, sans remplacer les autres journées nationales.
- Guerres du XXe siècle (diapositive 8, monument de Saint-Gervais-les-Bains) : Seconde Guerre mondiale (1939-1945), guerre d'Indochine (1946-1954), AFN = Afrique française du Nord, c'est-à-dire surtout la guerre d'Algérie (1954-1962), et les combats au Maroc et en Tunisie.
- XXIe siècle (diapositive 9) : soldats morts en opérations extérieures (OPEX) : Afghanistan (2001-2014), Mali et Sahel (opérations Serval et Barkhane, 2013-2022), Irak et Syrie, Liban (forces de l'ONU)… La carte montre aussi les très lourdes pertes de l'Indochine et de l'Algérie. Le major Arnaud Frion, mort pour la France en Irak le 12 mars 2026, d'après la diapositive.
Élève 1 — Conclusion : la réconciliation (1 à 2 min)
- Définition : la réconciliation, c'est le rétablissement de relations pacifiques et amicales entre des personnes ou des pays qui étaient ennemis.
- Photo de gauche : François Mitterrand, président de la République française, et Helmut Kohl, chancelier de la République fédérale d'Allemagne, se tiennent la main devant l'ossuaire de Douaumont, à Verdun, le 22 septembre 1984. Verdun est le symbole de la bataille la plus meurtrière entre Français et Allemands : leur geste montre que les anciens ennemis sont devenus des amis et des partenaires.
- Photo de droite : Emmanuel Macron, président de la République, et Angela Merkel, chancelière allemande, dans la clairière de Rethondes, à l'occasion du centenaire de l'armistice. Ils s'y retrouvent parce que c'est là que l'armistice a été signé en 1918. (Précision : cette rencontre a eu lieu le samedi 10 novembre 2018, la veille du centenaire ; le 11 novembre 2018, ils étaient ensemble à Paris, à l'Arc de Triomphe.)
- Conclusion : « Aujourd'hui, la France et l'Allemagne, ennemies pendant trois guerres, sont réconciliées. Elles sont amies depuis le traité de l'Élysée de 1963 et construisent ensemble l'Union européenne. Se souvenir des morts, c'est aussi défendre la paix. »
- Lire : « Et maintenant, en hommage à tous les soldats français morts pour la France, nous allons observer une minute de silence. »